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Objectifs
de l'unité
Objectif
général
Dans le contexte contemporain de marchandisation, de mondialisation, de
mobilité des
populations et de compétition accrue sur la terre, l’objectif
général du programme est de décrire et d’analyser
le processus de constitution du foncier comme enjeu stratégique de
confrontation, de négociation, de coordination et d'action collective
entre les acteurs, individuels ou collectifs, parties prenantes de ce processus.
Le champ d’analyse intègre le dispositif des interventions et
des politiques publiques dans le domaine foncier comme un élément,
parmi d’autres, de la construction de l’enjeu foncier et, réciproquement,
les processus d'appropriation, de contournement ou de détournement
de ces interventions par les différents acteurs locaux.
Problématique
et objectif scientifique
Le programme s’inscrit dans un style de recherche orienté vers
l’exploration d’un problème empirique et l’élaboration
de modèles interprétatifs issus du terrain et non vers la production
de théories formelles. La stratégie de recherche privilégie
la connaissance " par le bas " des logiques d’acteurs en
interaction entre eux et avec leur contexte institutionnel et structurel,
d’une part, et des conséquences de ces interactions sur le changement
institutionnel, d’autre part. Le modèle “ qualitatif ” qui
sert d’ossature au programme est le suivant : les acteurs individuels
ou collectifs identifiés empiriquement comme étant impliqués
dans la construction sociale de l’enjeu foncier sont confrontés à un
ensemble hétérogène de règles, de conventions
et d'institutions qu’ils instrumentalisent en mettant en œuvre
des logiques d'action variées (économiques, sociales, politiques,
identitaires, symboliques), et contribuent ainsi à la constitution
d’un nouveau cadre institutionnel.
L’objectif scientifique est de contribuer au développement d’une
approche de la régulation foncière centrée sur le binôme
acteurs/institutions et sa dynamique. Du point de vue des stratégies
d’acteurs, la régulation foncière est le résultat
changeant, non équilibré, de la confrontation, mise en œuvre
par les acteurs, entre une pluralité de normes, de règles et
d’institutions. Du point de vue de la dynamique des institutions, la
régulation foncière est le résultat de la combinaison
d’une logique caractérisée par " l’empilement/recomposition " des éléments
du cadre institutionnel, et d’une logique de sélection/transition
de ces éléments.
Méthode
et opérations de recherche
Le programme mobilise et souhaite combiner autour de ce style de recherche
et de cet objectif des outils théoriques divers mais bien identifiés
: l'économie institutionnelle, l'anthropologie interactionniste centrée
sur les acteurs et les processus du changement social et de l’intervention
publique, l’analyse des systèmes de production et d’activités,
et la démographie économique de la mobilité et de la
transformation du cycle familial et intergénérationnel.
Il met en œuvre une démarche comparative raisonnée sur
quatre chantiers : Mexique, Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Bénin.
Le choix porte sur des trajectoires et des contextes nationaux différents,
mais en nombre limité, caractérisés individuellement
par des traits spécifiques mais significatifs vis-à-vis du
contexte contemporain de développement, et tous confrontés à une
situation fortement marquée par l’importance de l’enjeu
foncier et par des politiques qui visent à “ normaliser ” les
droits et les pratiques foncières locales en référence
au régime de régulation fondé sur la propriété librement
transférable. La comparaison est centrée sur la sphère
des exploitations ne disposant pas d'un droit formel de propriété privée
(soit environ 50 % des superficies agricoles au Mexique, et l’essentiel
des terres en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso et au Bénin).
Trois axes thématiques majeurs correspondent chacun à un ensemble
de questions de recherche empiriques qui envisagent la problématique
générale sous un angle spécifique :
a) l’angle des institutions agraires : description et analyse des droits,
des contrats et des conventions et de leurs dynamiques ; description et analyse
des dispositifs locaux de régulation foncière et de leurs dynamiques
; description et analyse des changements légaux et des réformes
foncières.
b) l’angle des systèmes productifs agricoles et des systèmes
d’activités en relation avec les dynamiques de peuplement
et les institutions agraires.
c) l’angle des systèmes de pouvoirs : description et analyse
des stratégies foncières des acteurs dans les arènes
socio-politiques locales et nationales ; anthropologie politique des réformes
foncières.
Souvent dissociés dans la littérature, ces axes thématiques
sont intégrés au niveau des principales opérations de
recherche :
a)
Dynamiques de peuplement, mobilités et enjeux fonciers (Burkina
Faso, Côte d'Ivoire, Mexique)
b) Régulations foncières et transformation des systèmes
d’activités (Mexique)
Ces deux opérations documentent en particulier le rôle de la
mobilité dans l’introduction de nouveaux enjeux intergénérationnels,
interrégionaux et de pouvoirs autour du foncier.
c) Logiques et dynamiques contractuelles (Mexique, Côte d’Ivoire,
Burkina Faso) : en particulier, relations avec la transformation des systèmes
productifs et l’environnement institutionnel et social.
d) Droits fonciers, gestion intrafamiliale et intergénérationnelle
des ressources (Mexique, Côte d’Ivoire, Burkina, Bénin)
: en particulier, relations de la gestion intrafamiliale des droits avec
l’émergence des marchés, avec la régulation socio-politique
locale et avec la mise en œuvre des politiques et des réformes
foncières.
e) Législation, certification et réforme foncière (Mexique,
Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin) : en particulier,
incidence sur le développement des marchés fonciers, « semi-autonomie » de
l’administration agraire, conditions et incidences socio-politiques
de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques
foncières.
f) Médiations socio-politiques et institutions intermédiaires
(Mexique, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin) : l’intervention
publique envisagée comme arène de médiation entre champ
foncier, champ politique et normes sociales ; les situations de “ frontière
interne ” et leurs effets structurants sur les institutions sociales
de propriété et les politiques publiques ; l’institution
du “ tutorat ” entre autochtones et migrants envisagée
comme organisation intermédiaire.
Transversalement à ces thèmes, une recherche méthodologique
et théorique est poursuivie sur :
a) la description ethnographique des droits
b) la fécondation réciproque des perspectives économique
et anthropologique sur le changement institutionnel.
Objectif
de développement
Le programme vise à éclairer les questions de politique publique,
de renforcement institutionnel et d’aide internationale au développement
par la prise en compte de l’approche de la régulation foncière
par le binôme acteurs/institutions et ses implications sur le changement
institutionnel, tant des points de vue de la connaissance des conditions
d’efficience des régimes de propriété et de
la gouvernance foncière, que des conditions d’effectivité des
politiques et des interventions publiques dans le domaine foncier.
Composition
de l'unité de recherche
(non compris les associés et les doctorants)
Jean-Pierre Chauveau, socio-anthropologue IRD
Jean-Philippe Colin, économiste IRD
Nathalie Finot, agent technique et administratif IRD
Jean-Pierre Jacob, anthropologue, IUED Genève, accueil IRD
André Quesnel, démographe IRD
Pierre-Yves Le Meur, anthropologue, GRET, accueil IRD
É
ric Léonard, économiste IRD
Bernard Tallet, géographe, Univ. Paris-I, accueil IRD
Composition
de l'unité de recherche
En
France : Unité Mixte de Recherche MOISA : Marchés,
organisations, institutions et stratégies des acteurs (ENSA.M.,
CHEAM-IAM, INRA, CIRAD, IRD) ; formation doctorale de l'Ecole des Hautes Études
en Sciences Sociales de Marseille ; GRET.
En
Europe : Institut d'Etudes du Développement (Université catholique
de Louvain-la-Neuve), l’International Institute for Environment
and Development (Londres), Institut Universitaire d’Études
de Développement (Genève).
Partenariat
au Sud : L'UR privilégie le partenariat avec des
jeunes équipes : équipe du Centre de Recherches et d’Études
Supérieures en Anthropologie Sociale (CIESAS), travaillant sur
la question foncière au Mexique ; Laboratoire d’Études
Foncières en Côte d’Ivoire (LEFCI), en partenariat
avec l'Université d’Abidjan-Cocody et l'Institut d’Ethno-Sociologie
en Côte d’Ivoire.
La
participation de l'UR au projet européen INCO-DEV CLAIM (Changes
in Land Access, Institutions and Markets in West Africa) renforce le
réseau de partenariat européen (IIED Londres, IED Louvain,
GRET Paris, Univ. de Roskilde Danemark) et africain (UERD Burkina Faso,
GIDIS Côte d'Ivoire, LARES Bénin, CUMBU Mali).
Principales
publications récentes
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